Une bouteille à la mer

Un pas de deux au fil des mots

21 février 2007

A qui la faute ?

Sais tu Bel Ange que parfois la vie est chienne ?
La scène se rejoue inlassablement dans ma tête, cette scène que tous les amants de la terre redoutent, celle de la séparation. On hait de toutes ses forces les clichés, mais ils sont tous là, le dernier regard, le dernier baiser, celui qui en quelques secondes nous noie dans un flot d'émotions et de souvenirs insoutenables... et une porte qui se ferme... Clap de fin !

Oui la vie est chienne parfois, tu n'as rien dit, tu cherchais vainement une réponse, je l'ai vu dans tes yeux, dans ce regard transparent dans lequel j'aimais à me perdre, à oublier toute réalité et toute décence et qui semblait me dire que nous avions tout le temps.

La vie est chienne, mais à quoi bon l'incriminer ? Tout autant que toi, à cet instant, j'avais besoin de trouver un coupable et je ne voulais pas m'avouer que nous savions que nous devrions reprendre le cours de nos existences... même fuseau horaire, mais toi au Nord et moi au Sud à des milliers de kilomètres l'un de l'autre.

La vie est chienne, car depuis ton départ elle continue son oeuvre, elle me happe, me rappelle à elle, m'éloigne de toi, alors que je voudrai juste m'asseoir et revivre encore une fois dans ma tête notre histoire. J'aimerai pleurer en écoutant "les Vieux Amants" en me rappelant que nous disions toujours que nous ne ressemblerions jamais aux héros de la chanson de Brel. Pourtant, aujourd'hui j'aimerai être comme eux, te livrant à jamais "une tendre guerre" et vieillissant avec toi sans "être jamais adulte".

Justement, si j'étais adulte, je me résignerai à tourner la page de ce long aparté, à brûler tes photos, à effacer toute trace de ton passage dans ma vie, ainsi je me comporterai en femme désespérément normale n'est ce pas ?
Tout le monde me féliciterait pour mon courage et ma sagesse, mais à cette "normalité" je préfère la déraison et je veux me nourrir encore et encore de toi.

As-tu dit que tout était fini ?... non. L'ai-je dit à mon tour ?... non plus.
Nous nous sommes juste inclinés devant la volonté de cette chienne de vie, nous l'avons laissée décider à notre place de ce qui devait être... pour l'instant.

Je ne crois pas à la fatalité, je crois juste aux peurs qui érigent des murs devant nos rêves et nos envies. Il n'appartient qu'à nous de les démolir pierre par pierre, avec du temps, de la confiance et beaucoup d'amour.
C'est pour cette raison, Bel Ange que je ne défairai pas le lien qui nous unit. Je veux croire qu'il y a encore une chance pour que nos existences se retrouvent ici ou ailleurs et pour longtemps.

Suis je à ce point désespérée ou déraisonnable pour offrir sans pudeur à tous les amoureux anonymes et que cette chienne de vie a peut être séparés, le flot infini des mots de ma passion ?

Posté par Emily_ à 13:32 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Troublé...

Bel Amour,
Tu es déraisonnable et désespérée tout autant que moi de ce qui nous arrive.
Lorsque nous avons décidé de ne pas rompre ce lien, j'imaginais de longs échanges épistolaires à l'abri des regards curieux...
Tu as décidé une fois encore de bousculer les convenances et tu m'invites à te rejoindre ici... J'ai toujours dit en riant que tu avais un petit côté exhibitionniste, mais cela me plaît ne change rien !
Le retour brutal à la réalité m'a quelque peu assomé moi aussi, comme un anesthésiant sur ma blessure.
J'ai l'impression d'être comme un étranger dans ma propre maison après cette longue absence. Je te cherche, je ne te trouve pas et ici rien ne me parle de toi.
Les mots sur ces pages viendront doucement, tu sais qu'il me faut encore m'améliorer dans la langue de Molière.

Les rêves ne sont ils pas faits pour être vécus ?
Que trouverons nous au bout du chemin ? Personne ne peut le dire, mais je suis prêt à y croire pour nous.

Posté par Mat, 21 février 2007 à 18:17

Je ne savais pas si l'idée te plairait, j'avoue avoir eu quelques doutes. En rendant cette correspondance "publique", je me suis dit que cela nous éviterait de nous apitoyer sur notre sort et de tomber trop souvent dans le mélo... Il y aura toujours quelqu'un par ici pour nous en faire la remarque, non ? LOL

Posté par Emily, 22 février 2007 à 21:12

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