22 février 2007
Un dimanche sous la neige ?
Mon Bel Amour,
Etrange hiver, étrange douceur, la neige est quand même annoncée pour ces prochains jours.
Dommage, tu ne seras pas là, je sais combien tu aimes ces journées "blanches", apaisantes, mais qui te rendent mélancoliques parfois, comme si ce linceul faisait écho silencieusement à quelques blessures que ta mémoire veut taire.
J'aurais aimé avoir le temps de percer tes mystères, dompter ces airs provocateurs et refermer mes bras sur cette blessure, la faire mienne pour mieux l'apaiser.
Derrière cette façade volubile, expansive et même versatile, j'ai toujours aimé la solitaire qui vivait en toi, friande de ces mondes qui n'appartiennent qu'à toi.
J'ai aimé être ce spectateur privilégié et silencieux de tes tribulations mystérieuses et tu as toujours eu la délicatesse de me faire le complice passif de ces morceaux de vie.
T'ai je jamais dit combien je te trouve belle quand tu peins ? Il y a chez toi, dans ces moments là, le même abandon dans le regard et les gestes que dans l'amour. Une vraie débauche de sensualité qui a nourri mon imagination et mes fantasmes. Si tu savais combien de fois j'ai osé espérer que mon corps soit ta toile, je voulais sentir sur ma peau cette ardeur et cette passion particulière parce que celle la tu ne la partages avec personne...
Enfin, tu peux quand même partager un peu... poste de temps en temps tes "étranges et mystérieux gribouillis". Tu sais combien je les aime !
21 février 2007
A qui la faute ?
Sais tu Bel Ange que parfois la vie est chienne ?
La scène se rejoue inlassablement dans ma tête, cette scène que tous les amants de la terre redoutent, celle de la séparation. On hait de toutes ses forces les clichés, mais ils sont tous là, le dernier regard, le dernier baiser, celui qui en quelques secondes nous noie dans un flot d'émotions et de souvenirs insoutenables... et une porte qui se ferme... Clap de fin !
Oui la vie est chienne parfois, tu n'as rien dit, tu cherchais vainement une réponse, je l'ai vu dans tes yeux, dans ce regard transparent dans lequel j'aimais à me perdre, à oublier toute réalité et toute décence et qui semblait me dire que nous avions tout le temps.
La vie est chienne, mais à quoi bon l'incriminer ? Tout autant que toi, à cet instant, j'avais besoin de trouver un coupable et je ne voulais pas m'avouer que nous savions que nous devrions reprendre le cours de nos existences... même fuseau horaire, mais toi au Nord et moi au Sud à des milliers de kilomètres l'un de l'autre.
La vie est chienne, car depuis ton départ elle continue son oeuvre, elle me happe, me rappelle à elle, m'éloigne de toi, alors que je voudrai juste m'asseoir et revivre encore une fois dans ma tête notre histoire. J'aimerai pleurer en écoutant "les Vieux Amants" en me rappelant que nous disions toujours que nous ne ressemblerions jamais aux héros de la chanson de Brel. Pourtant, aujourd'hui j'aimerai être comme eux, te livrant à jamais "une tendre guerre" et vieillissant avec toi sans "être jamais adulte".
Justement, si j'étais adulte, je me résignerai à tourner la page de ce long aparté, à brûler tes photos, à effacer toute trace de ton passage dans ma vie, ainsi je me comporterai en femme désespérément normale n'est ce pas ?
Tout le monde me féliciterait pour mon courage et ma sagesse, mais à cette "normalité" je préfère la déraison et je veux me nourrir encore et encore de toi.
As-tu dit que tout était fini ?... non. L'ai-je dit à mon tour ?... non plus.
Nous nous sommes juste inclinés devant la volonté de cette chienne de vie, nous l'avons laissée décider à notre place de ce qui devait être... pour l'instant.
Je ne crois pas à la fatalité, je crois juste aux peurs qui érigent des murs devant nos rêves et nos envies. Il n'appartient qu'à nous de les démolir pierre par pierre, avec du temps, de la confiance et beaucoup d'amour.
C'est pour cette raison, Bel Ange que je ne défairai pas le lien qui nous unit. Je veux croire qu'il y a encore une chance pour que nos existences se retrouvent ici ou ailleurs et pour longtemps.
Suis je à ce point désespérée ou déraisonnable pour offrir sans pudeur à tous les amoureux anonymes et que cette chienne de vie a peut être séparés, le flot infini des mots de ma passion ?